Un monde sans eau ?Réalisé par Udo Maurer.

L’eau est l’essence même de la vie, élément de notre alimentation, de notre hygiène… elle est au centre de notre organisation sociale, des interactions avec les écosystèmes. Le très beau documentaire de Udo Maurer présente trois exemples emblématiques de la relation qui unit l’homme et l’eau, au Bangladesh, au Kazakstan et au Kenya. Il nous fait prendre conscience, à travers ces trois exemples, des divers problèmes liés à l’eau, des inondations à l’assèchement de la mer d’Aral ou encore à la bataille journalière pour la recherche d’eau potable, le film montre les obstacles que doit surmonter l’homme pour s’adapter à son environnement.

La première partie du film se déroule au Bangladesh, et là ce sont les inondations et les crues, si fréquentes dans les pays pauvres, qui pèsent sur les habitants, privés de terres pour habiter, pour cultiver ; la seconde partie a lieu au Kazakhstan, avec les effets désastreux dus à l’assèchement de la mer d’Aral : fin de la pêche, disparition de la biodiversité, maladies consécutives à l’évaporation des pesticides charriés par les deux fleuves qui alimentaient autrefois la mer et qui reposaient au fond ; la troisième partie est tournée en Afrique, à Naïrobi, où l’eau devient un commerce, une véritable marchandise. Udo Maurer explique : « est-ce que chaque homme a droit à l’eau sur terre ou est-ce un bien de consommation ? De grandes entreprises traitent l’eau comme une marchandise alors que les ONG la distribuent, car elles estiment que c’est un droit dévolu à chaque être. Nous aurons la réponse à cette question fondamentale dans une dizaine d’années. »

Par souci d’authenticité et de respect de ses protagonistes, le documentaire se déroule sans commentaire off qui viendrait tout expliquer de l’extérieur. Udo Maurer nous donne du temps pour regarder les images (magnifiques), écouter celui ou celle qui parle. Travaillant avec une équipe réduite au minimum, il a pu se mêler à la population et gagner sa confiance : « C’est de cette façon que nous pouvions être acceptés par la communauté. Je pense que l’on se rend compte dans les trois parties que les gens sont ouverts, en confiance. Ce n’est pas si évident que ça d’avoir une femme musulmane qui s’exprime devant une caméra au Bangladesh, surtout lorsqu’elle critique l’attitude des hommes. Le fait qu’elle nous ait fait confiance a certainement à voir avec le temps que nous avons passé à nous connaître mutuellement. »

Autriche / Luxembourg - 2008 - 1h25 - VOSTF - 1,05Go résolution DVD - ASC distribution