Alamar.jpgÉcrit, réalisé et monté par Pedro Gonzalez-Rubio - Tout un tas de sélections et de prix dans tout un tas de festivals, dont le Festival International de Rotterdam (Tiger Award) et les Rencontres des Cinémas d’Amérique Latine de Toulouse (prix de la Critique Internationale).

Voici un de ces films venus de nulle part et qui pourtant nous amènent ailleurs… Sans que l’on s’en rende compte, nous voilà embarqués dans une histoire qui nous fait tout oublier, et nous plonge dans un autre mode de vie où l’essentiel se révèle peu à peu et nous apaise. Le temps prend alors une toute autre signification que celle qu’on lui donne dans nos vies citadines parfaitement définies, où l’on oublie trop souvent de s’arrêter sur ce que l’on vit et de prendre le temps d’observer ceux qui nous entourent. C’est un voyage que nous offre Alamar, un voyage initiatique autant pour ses personnages que pour nous spectateurs, comme un retour aux sources, à la simplicité, au plaisir du temps partagé et à l’importance de cultiver ces liens qui nous unissent les uns aux autres…

Ils étaient beaux, ils étaient jeunes, ils sont tombés amoureux… Leur rencontre fut une évidence, et la naissance de leur premier enfant en fut la continuité logique… Puis, comme bien souvent, le temps fit réapparaître les différences que l’amour avait gommées, et l’impossibilité de continuer à vivre ensemble devint peu à peu aussi évidente que l’avait été leur rencontre. « Je suis malheureuse dans ta réalité, et tu es malheureux dans la mienne » dira Roberta à Jorge au moment de leur séparation. Elle retournera donc vivre à Rome avec leur fils Natan, tandis que Jorge restera vivre sa vie de pêcheur solitaire dans la jungle Mexicaine…
Au moment où nous retrouvons Jorge, il accueille son fils pour partager avec lui quelques jours, trop rares, et lui faire découvrir sa manière de vivre. Ils embarquent alors, rejoints par le père de Jorge, pour Banco Chinchorro, l’une des plus grandes barrières de corail de la planète. C’est un tout autre monde que va découvrir Natan auprès de son père et de son grand-père, une tout autre vie, loin de tout ce qu’il connaît avec sa mère à Rome, et au plus près de la nature et de ses éléments. Il va vivre ces quelques jours dans un minuscule village de baraquements sur pilotis entourés d’eau et isolés de tout. Il va se nourrir de ce qu’ils auront pêché en pleine mer dans la journée, et qu’ils auront préparé et cuisiné eux-même sur la terrasse de bois face au soleil couchant. Il va apprendre à reconnaître les différents poissons, et lors de leurs quelques passages sur la terre ferme, il apprendra à connaître les fleurs, les arbres et leurs fruits. Et il fera même quelques rencontres improbables, dont une certaine Blanquita dont nous ne vous dirons rien de plus ici…

Au fil de ces journées passées au rythme tranquille que la nature leur dicte, au cours de ces instants vécus l’un après l’autre, Natan et Jorge vont devenir de plus en plus complices. Petit à petit, sans grand discours mais avec un naturel et une tendresse bouleversants, Jorge va inculquer à son fils toutes les choses importantes de la vie, toutes les « leçons » que lui-même a dû recevoir de son père. Et on peut supposer que son fils gardera longtemps cet héritage en lui, que ces quelques jours loin de tout, partagés avec son père et son grand-père, seront son moteur pour grandir, pour s’épanouir, pour profiter de chaque chose à chaque instant… On se doute en tout cas que le retour à Rome ne sera pas évident, tout comme la sortie de la vision d’Alamar ne sera pas facile pour vous, mais vous verrez, tout comme Natan, vous en sortirez grandis…

Mexique - 2009 - 1h11 - VOSTF - 917Mo résolution DVD - Épicentre Films - avec Jorge Machado, Natan Machado Palombini, Roberta Palombini, Nestor Marin…