Elle-s_appelle-Sabine.jpgFilm documentaire de Sandrine Bonnaire - Prix de la Critique Internationale, Quinzaine des Réalisateurs, Cannes 2007.

D’abord il y a Sandrine : Sandrine Bonnaire, actrice affichant aujourd’hui une belle notoriété. Mais inutile de vous faire l’article, cette Sandrine-là ne se coule pas dans un de ces personnages féminins qu’elle endosse habituellement avec le talent qu’on lui connaît. Cette Sandrine, dont le prénom résonne aux quatre coins de ce film très tendre, ne fait que jouer son propre rôle, celui d’une grande sœur, passionnément éprise de sa petite sœur Sabine, une petite sœur diagnostiquée « psycho infantile avec comportement autistique » par l’institution médicale. De gros mots inquiétants pour signifier que tout ne va pas pour le mieux dans la jolie petite tête. Une jolie petite tête que montrent des vidéos d’hier, datant de l’époque où Sabine, malgré ce méchant diagnostic, vivait normalement à l’abri du malheur, entourée par une famille aimante. Des vidéos qui montrent une gamine rieuse, douée pour le piano et ivre de joie quand sa grande sœur célèbre réalise son rêve en lui offrant un voyage aux États-Unis, où se succèdent des images de mer et de plages dorées. Autant d’images de bonheur qui font croire alors que les deux sœurs, rayonnantes de la même beauté, ont définitivement conjuré le mauvais sort.

Que se passe-t-il alors, pour que ce bonheur se brouille ? Sandrine raconte le choc quand le frère aîné décède. L’éclatement de cette bulle familiale, le départ en province de sa mère avec Sabine, la dégradation rapide, la violence qui s’installe, les coups portés sur la mère. Sabine est internée dans un hôpital psychiatrique, puis un autre. Elle y restera cinq ans. On reste abasourdis quand on découvre alors les nouvelles images de Sabine que délivre la caméra de Sandrine, qui rendent sa beauté, sa vitalité, sa joie de vivre d’antan d’autant plus émouvantes. Devenue grosse et amorphe, tour à tour agressive et prostrée, elle tente, après avoir quitté l’hôpital, de remonter la pente dans un centre d’accueil spécialisé, accompagnée toujours de l’inépuisable amour de Sandrine, dont la passion pour ses frères humains transparaît dans l’attention affectueuse qu’elle porte aussi aux autres malades. Un beau film au cœur gros, réalisé par une fille épatante dont le second film, J’enrage de son absence, sort cet automne dans les salles.

France - 2007 - 1h26 - 1,12 Go résolution DVD - Les Films du Paradoxe.