Reine-des-pommes.jpgÉcrit et réalisé par Valérie Donzelli qui nous livrait dès son premier film, avant La guerre est déclarée et Main dans la main, une comédie inventive, réjouissante et pleine d’audace.

Ah ça, pour sûr qu’il est bien choisi ce titre, La Reine des pommes… Parce que la première fois qu’on croise Adèle, l’héroïne du film, on a même bien envie de l’affubler de tout un tas d’autres noms d’oiseaux (à défaut de fruits) : reine des cruches, des tartes, des gourdes, j’en passe et des meilleures… C’est qu’on a pas idée quand même de se mettre dans un état pareil, tout ça parce que son jules vient de la larguer… D’autant que le peu qu’on le voit, le jules en question, qui s’appelle Mathieu et qu’elle appelle l’amour de sa vie, on se dit qu’il n’a pas du la lui rendre bien rose, la vie, mais bon… Mathieu la quitte et voilà notre Adèle qui s’effondre complètement… Bien heureusement, elle est rattrapée au vol par sa voisine, qui décide qu’elle ne doit surtout pas rester seule et l’emmène chez sa cousine, Rachel, laquelle n’est pas franchement ravie, c’est le moins qu’on puisse dire…
Mais les deux femmes vont petit à petit s’apprivoiser, et cette cohabitation forcée va devenir complice, en même temps qu’Adèle reprend pied dans la vie. Il est grand temps de passer à l’étape supérieure, et là, la décision de Rachel est sans appel : il faut qu’Adèle voie d’autres hommes, et plus précisément il faut qu’elle couche avec d’autres hommes…
C’est sans compter sur la mauvaise volonté d’Adèle, pas vraiment convaincue au départ du bien-fondé de sa mission, et sur son don naturel à se fourrer dans des situations plus inextricables et absurdes les unes que les autres, avec une ingénuité qui dépasse l’entendement… Commence alors la valse des amants, où Adèle tente de se dépêtrer de Pierre, Paul et Jacques, archétypes des comportements masculins, et fantômes de son amour perdu, dans une danse burlesque et franchement hilarante…

Devant et derrière la caméra, Valérie Donzelli ose beaucoup pour nous conter l’odyssée drolatique, naïve et touchante de son Adèle à la recherche d’un nouvel amour. Et cela nous donne une sorte de patchwork de références, de genres, de situations dont la grande qualité est d’aller jusqu’au bout de chaque idée. Et c’est ce qui fait qu’au final, sa sincérité finit par nous emporter complètement, et nous offre même de vrais grands moments de rire. Bref, c’est original, c’est frais, c’est très drôle, et peut-être pas aussi léger qu’il n’y paraît… Car quand arrive la fin du film, on est plus si sûr qu’elle le mérite, son titre de Reine des Pommes, et qu’en tous cas, ça risque de lui faire grand bien à notre Adèle de ne plus jouer la bonne poire… Quant à nous, d’avoir suivi avec plaisir ses singulières aventures nous aura pour de bon refilé la banane !

France - 2009 - 1h22 - 1,08 Go résolution DVD - Shellac - avec Valérie Donzelli, Jeremie Elkaïm, Béatrice De Staël, Laure Marsac, Lucia Sanchez…