Viramundo-affiche.jpgFilm documentaire de Pierre-Yves Borgeaud (enfin de retour en Vidéo en Poche après une avant-première très particulière)

Après plusieurs décennies de succès internationaux, le maître de la musique brésilienne Gilberto Gil part pour une tournée d’un nouveau genre à travers l’hémisphère sud. De Bahia, il se rend dans les territoires aborigènes d’Australie, puis dans les townships d’Afrique du Sud pour terminer son périple au cœur de l’Amazonie brésilienne. Avec la même passion, Gilberto Gil poursuit son action initiée en tant que premier noir devenu ministre de la culture au Brésil : promouvoir la diversité culturelle dans un monde globalisé. Au fil des rencontres et des concerts se dévoile sa vision d’un futur pluriel et interconnecté, riche d’espoirs, d’échanges… et bien sûr de musique !

Né à Salvador de Bahia en 1942, Gilberto Gil tombe dans la musique très tôt et développe rapidement un style révolutionnaire combinant bossa nova, samba, rythmes traditionnels et musique populaire occidentale. Il est connu comme l’un des fondateurs du Tropicalisme, mouvement artistique brésilien de la fin des années 60. En février 1969, le gouvernement militaire brésilien l’arrête en raison sa prétendue mauvaise influence sur la jeunesse. Après plusieurs mois en prison, il est libéré à condition de quitter le pays. Il émigre alors vers Londres, où il joue avec Yes et Pink Floyd entre autres. En 1972, il retourne à Bahia. Ses albums, de renommée internationale, seront récompensés par de nombreux prix. En 1987 il entame une « carrière politique » qu’il termine en 2007, après avoir été pendant quatre ans ministre de la culture dans le gouvernement de Lula. Gilberto Gil a toujours eu l’ambition d’un monde plus équilibré, dans lequel « Noirs » et « Blancs » auraient les mêmes chances, et où les nouvelles technologies et les moyens de communication pourraient dessiner des territoires ouverts à tous. Aussi bien comme artiste que comme ministre, il a toujours défendu l’accès libre à la culture via internet et encouragé l’usage de la technologie comme moyen d’échange culturel. Il est une sorte de légende vivante qui symbolise l’engagement artistique et incarne le multiculturalisme brésilien. Pour lui, la société devait être fondée sur la participation et encourager l’intégration plutôt que l’exclusion des diversités. Et particulièrement dans les pays « du Sud », où les problèmes de discrimination raciale sont particulièrement dramatiques.

Pour le film, il s’est donc rendu dans des régions où les questions raciales sont toujours omniprésentes, problématiques et douloureuses. Qu’a-t-il à dire sur la société post-apartheid ? Que peut-il apporter aux Aborigènes qui luttent pour la survie de leur identité ? Qu’a-t-il en commun avec les Sud Africains, les Australiens ou les Indiens d’Amazonie ? La musique, bien sûr, est l’élément central du film. Elle relie les continents, les cultures, les générations, et elle est pour chacun un moyen d’exprimer son identité. Mais c’est aussi un langage universel qui raconte, au-delà des mots, la possibilité de vivre ensemble et la beauté de la diversité culturelle. Et Gilberto Gil est sans aucun doute l’un des musiciens les mieux placés au monde pour établir de profondes connections entre des genres musicaux si différents en apparence, lui qui a déjà mêlé la musique du Brésil, le rock, le reggae et les rythmes africains tout au long de sa carrière. Le film est un dialogue musical qui ne tente jamais d’effacer les différences, voire même les incompatibilités. Gilberto Gil, musicien activiste, semble capable de transcender les frontières entre culture, art et politique.

France / Suisse - 2012 - 1h34 - VOSTF - 1,77 Go résolution HD 720p (1280X720) - Urban Distribution - avec Gilberto Gil, Vusi Mahlasela, Gustavo Di Dalva, Paul Hanmer, Peter Garrett, Tjimba Possum Burns, Shellie Morris, Sergio Chiavazzoli, Madosini, Filhos De Ghandy Ensemble, Miagi Youth Orchestra…