Ulysses-souviens_toi.jpgUn film de Guy Maddin, avec Jason Patric, Brooke Palson, David Wontner, Isabella Rossellini, Udo Kier… Scénario de Guy Maddin et Georges Toles, très librement inspiré de L’Odyssée d’Homère.

« L’inimitable “Trésor National Canadien” connu sous le nom de Guy Maddin (voir ses autres films en Vidéo en Poche) nous a livré… le meilleur film du festival de Toronto. Ulysse, souviens-toi ! démarre comme un film de gangsters des années quarante et devient progressivement de plus en dérangé et hallucinatoire. C’est de loin son film le plus audacieux à ce jour… Cette aventure qui révèle la conscience à l’écran emmène Guy Maddin et Georges Toles, son co-scénariste de toujours, vers un tout nouveau niveau d’ambition, jusque dans les contrées lointaines du territoire de David Lynch… » (Revue Film Comment, compte-rendu du Festival de Toronto 2011)

« Je ne suis qu’un fantôme… Mais un fantôme n’est pas rien. » Ulysse Pick est le chef autoritaire d’une bande de gangsters et un chef de famille négligent. Après une longue absence, il rentre enfin chez lui. Chez lui… Une maison qu’il ne reconnaît plus, une maison hantée par les fantômes du passé. Chaque recoin cache un secret dont il cherche la clé et il sent qu’il lui faut entreprendre une véritable odyssée au plus profond de ses souvenirs en parcourant la maison pièce par pièce. Ulysse ramène avec lui Denny, une jeune femme noyée et miraculeusement revenue à la vie qui l’aide dans sa quête. Elle est aveugle, mais son regard vide perce au-delà de la réalité présente. Elle voit ce qu’Ulysse ne voit pas, entend ce qu’il n’entend pas. Accompagnés de Manners, le fiancé de Denny et surtout le propre fils d’Ulysse que ce dernier ne reconnaît même pas, ils arpentent les couloirs et les passages secrets. Ce voyage les mène pas à pas jusqu’à Hyacinth, la femme d’Ulysse, enfermée dans la chambre maritale avec Chang, son amant et l’ennemi juré du chef de bande… Mais cette odyssée n’est peut-être que le rêve qui hante Manners chaque nuit, ou le rêve qu’il aurait tant aimé que son père fasse…

Le père de Guy Maddin venait souvent visiter son fils en rêve après sa mort. Dans ces échappées imaginaires, il était en fait parti vivre avec une autre famille qui lui plaisait plus, mais revenait de temps en temps dans son premier foyer… Ces rêves ont fourni à Guy Maddin l’argument de son premier court-métrage, The Dead father, où le fils finissait par manger ce père infidèle. C’était la seule solution qu’il avait trouvée pour le garder avec lui. L’évocation du père sera donc l’un des thèmes récurrents de l’œuvre de Guy Maddin. Ce père est à l’origine d’émotions intenses, qui vont de l’idéalisation alors qu’il est absent jusqu’à la profonde déception quand il est présent parmi les siens. Ainsi dans Ulysse, souviens-toi !, le père mort réapparaît tel un dieu ayant accompli un miracle. Il ramène vivante à son fils Manners ce qu’il a peut-être de plus précieux : son amante Denny morte noyée. Pourtant, cet acte ne fait qu’accentuer le sentiment d’abandon : si le père l’a ramenée, ce n’est sûrement pas pour son fils puisqu’il ne le reconnaît même pas, et qu’il va même jusqu’à déclarer devant lui à un autre de ses fils, adoptif qui plus est, qu’il est son préféré ! Manners, bâillonné pendant toute la première partie du film, assiste impuissant au mépris que lui manifeste ce père tant aimé…

« Surréaliste, sensationnel et étrange, on retrouve dans ce film la magie pure de Maddin, qui demeure le cinéaste canadien le plus innovant, et celui qui prend le plus de risques. » (Toronto Sun)

(KEYHOLE) Canada - 2011 - 1h34 - VOSTF - 1,96 Go résolution HD 720p (1280X720) - ED distribution