In-the-family.jpgÉcrit et réalisé par Patrick Wang.

Préparez-vous à un torrent d’émotions, à un ouragan d’empathie avec ce film venu de nulle part (réalisé en 2011, ignoré par la plupart des festivals internationaux, il est arrivé enfin chez nous grâce au talent de ED Distribution) et qui est probablement un des plus beaux jamais réalisés sur la paternité. Une réussite magistrale, d’autant plus étonnante que son auteur et acteur principal Patrick Wang, américain né de parents taiwanais, est venu sur le tard au cinéma, avec cette première œuvre réalisée à l’aube de la quarantaine après une brillante carrière d’économiste durant laquelle ses cours de théâtre n’étaient qu’un hobby. Un film formidable sur la paternité donc, avec un détail original qui saute aux yeux dès le premier plan, où l’on voit un enfant de six ans réveiller ses parents qui aimeraient bien dormir encore un peu : Chip a deux pères, papa et papou…

On comprend rapidement que Chip a perdu sa mère à la naissance et que Cody, son père biologique, inconsolable, a fini par remonter la pente grâce au soutien de Joey, brillant décorateur d’intérieur et ami de la famille. Une amitié consolatrice qui s’est transformé rapidement en un amour fusionnel. Et depuis le trio forme une famille unie et heureuse, où les deux papas veillent avec patience et inventivité à l’éducation de Chip, un gamin aussi précoce que craquant et malicieux. Le tout en harmonie avec la famille de Cody, qui semble bien accepter la situation. Mais l’impensable arrive, l’accident stupide… La disparition de Cody laisse Chip et Joey anéantis, mais décidés à faire en sorte que leur vie continue. C’est alors que la famille de Cody exhibe un vieux testament oublié donnant la garde de Joey à sa tante… Commence pour Joey un long combat pour récupérer l’enfant désemparé qui n’a jamais connu que la vie avec ses deux papas.

Ce qui est formidable avec In the family, c’est que le film n’est en rien un plaidoyer militant pour l’homoparentalité, qui montrerait un père homosexuel persécuté par une famille d’horribles homophobes. Patrick Wang n’a aucun regard méprisant sur cette famille un peu frustre du Tennessee, qui croit faire ce qui est le mieux pour Chip en récupérant l’enfant de leur frère ou fils défunt. Bien sûr il y a de la colère chez Joey quand on lui arrache l’enfant qu’il a contribué à élever et quand on veut l’en éloigner coûte que coûte, une colère qu’il arrive à contenir avec les amis qui l’entourent. Et peu à peu Joey comprend qu’il n’arrivera pas à reconquérir Chip uniquement par le combat juridique mais par le dialogue avec ceux qui sont la cause de sa tristesse, et qui étaient il n’y a guère ses amis. La force des sentiments que le lient à son fils – car oui, pas de doute, Chip est bien son fils, même s’il n’est pas de son sang – va lui permettre d’aller chercher au fond de lui-même des ressources insoupçonnées d’intelligence, de diplomatie, de ténacité.

Le réalisateur a puisé dans la mémoire de son propre père, modèle de sérénité et de tolérance, l’inspiration de son personnage. Du père de Patrick Wang au réalisateur, et de Joey à Chip, la transmission magique s’opère et nous, qui nous laissons parfois envahir par la rage face aux obscurantismes qui tuent les sentiments les plus simples, on se met à espérer à un monde où, quelle que soit la difficulté de la situation, le dialogue et la possibilité de convaincre restent possibles.

USA - 2011 - 2h50 - VOSTF - 2,97 Go résolution HD 720p (1280X720) - ED distribution - avec Sebastian Brodziak, Patrick Wang, Trevor St-John, Lisa Altomare, Susan Kellermann, Conac McCarty…