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Écrit, réalisé, monté et mixé par Philippe Fernandez (son dernier film, Cosmodrama, sort cet été). Homme-orchestre jusqu’au bout, il a aussi composé la musique, avec la collaboration de Plimplim.

Dans Les Cahiers du Cinéma, Jean-Michel Frodon écrivait, à propos de Léger tremblement du paysage : « la plus belle idée de comédie inventée en France depuis longtemps », véritable météorite projeté sur ses spectateurs, avec la confiance souriante et exigeante que le léger tremblement qui en résulte déclenche rires et pensées. »

Philippe Fernandez nous fait sourire, et même souvent rire, comme personne ne le fait, et peut-être comme personne ne l’a jamais fait au cinéma (la seule référence qui vienne, c’est le Tati de Mon Oncle et Playtime). Il invente un monde qui n’est pas la plate copie du nôtre, un monde décalé, comme en apesanteur, peuplé d’êtres qui nous ressemblent évidemment mais qui passent leur temps, qui occupent leur vie à se poser des questions essentielles : sur le temps, sur l’espace, sur les origines et le futur de l’univers, sur la place de l’homo sapiens, sur le sens profond de tout ça… Et non seulement ils se les posent ces questions, mais ils essaient en outre d’y apporter des réponses, en tout cas de s’y confronter, d’en expérimenter les paramètres à travers leurs activités quotidiennes. C’est de là que vient l’humour et la cocasserie, c’est ça précisément qui fait que le film de Fernandez n’est pas fastidieux une seconde, que jamais il ne considère son spectateur de haut, l’entraînant bien plutôt dans un processus ludique d’interrogations multiples, de réflexion en chaîne. C’est ce que le réalisateur appelle sa « filmosophie » : « un cinéma qui se donnerait pour objectif de faire réfléchir le spectateur, d’activer son intelligence… En tant que mot-valise et calembour, c’est aussi un vocable assez drôle, qui indique que, même si l’entreprise est sérieuse, je ne me prends pas au sérieux et qu’on risque même de s’amuser en regardant mes films… »

Un petit village moderne, à l’architecture géométrique. Une petite communauté humaine y vit tranquillement, à l’époque des premiers pas de la conquête spatiale. Ceci nourrit l’imaginaire et les jeux des enfants, qui gravitent autour de personnages se consacrant à leurs obsessions personnelles : un peintre amoureux des nuages, une chercheuse en morphogenèse végétale, un prof de gym pilote amateur qui cherche obstinément le réglage parfait, la trajectoire idéale (Bernard Blancan, indéfectible complice de Fernandez, génial de concentration décalée, de loufoquerie pince-sans-rire), flanqué d’un mécanicien mutique, qui regarde des ondes à la télévision… Plus quelques animaux qui vaquent : des dindons, un cochon d’Inde, un singe qui n’aime rien tant que descendre de l’homme (en tout cas de ses épaules…). C’est intelligent, c’est excitant pour les méninges, et en plus c’est beau.

France - 2008 - 1h20 - 1,51 Go résolution HD 720p (1280X720) - avec Bernard Blancan, Michel Thébœuf, Anatole Vialard, Corentin Chapa, Chantal Quillec, Toto Nobo, Pierre Coudeneau…